Vendredi 8 mai: Aurélien, 21 ans
Aurélien participe à une année citoyenne Solidarcité à La Chaloupe depuis septembre. Ce jeune homme de 21 ans vient d’assister à son troisième atelier sur l’estime de soi.
Ces ateliers permettent aux jeunes de se connaître, d’apprendre à poser leurs limites et à accepter leurs forces et leurs faiblesses. Aurélien nous parle de l’estime de soi et nous dit : « Ce sont des phrases qu’on a tous·tes entendues, mais qui n’ont pas de sens sans contexte. On sait qu’on doit poser nos limites, oui, mais ici, on nous explique ce que sont les limites et comment faire pour les exprimer et les respecter. »
En général, l’animatrice commence par une présentation du sujet, pour ensuite passer à la pratique. Aurélien précise que le but n’est pas d’avoir un cours théorique, mais plutôt d’en apprendre davantage sur soi et sur les autres.
Cette fois-ci, une des activités mises en place était le jeu de rôle. Les jeunes travaillaient sur la thématique : « À quoi ressembleras-tu en 2050 si tu as réussi tout ce que tu voulais faire ? » Aurélien n’était pas stressé : « On sait que tout le monde va s’ouvrir, donc ça nous met à l’aise. On rappelle toujours la charte pour que ce soit bienveillant et confidentiel. »
En quittant l’atelier, Aurélien a le sourire aux lèvres. Il dit être de bonne humeur : son moral et sa confiance en lui ont été reboostés. « L’ambiance était très chouette, il y avait une bonne dynamique et aucun jugement. »
Vendredi 1er mai: Ninon, 24 ans
Sourire aux lèvres, Ninon revient dans les locaux de La Chaloupe pour revivre son voyage AfricapSud, 10 ans plus tard. Depuis toujours, Ninon a cette envie profonde d’aider les autres. Elle aime le contact humain, être en lien avec les gens, écouter leurs histoires, leurs parcours, leurs vies.
Il y a une dizaine d’années, alors qu’elle suivait une thérapie brève à La Chaloupe, son encadrant·e lui a parlé d’AfricapSud, une immersion et un échange avec des jeunes au Bénin : « Et là, j’ai eu comme une évidence : ça, c’est pour moi. »
C’est ainsi que tout a commencé. Avant même le départ, les préparations ont été une aventure incroyable, nous dit-elle. « On était plusieurs jeunes, tous·tes différent·e·s, parfois en difficulté, chacun·e avec son vécu. Mais justement, ça créait une ambiance très rassurante, presque comme une famille. On pouvait être soi-même, sans jugement. »
Une fois sur place, l’expérience a pris une toute autre dimension. Son voyage a été extrêmement riche : une vraie découverte, à la fois humaine et interculturelle. « Certain·e·s faisaient du tag, d’autres dansaient… chacun·e apportait quelque chose. Même si je suis quelqu’un de sociable, c’était mon premier voyage sans mes parents, et ça a été une étape importante pour moi. »
Ce qui marque le plus Ninon, ce sont les émotions partagées : « Ce dont je me souviens le plus, ce sont les moments de rire. On a énormément ri, des fous rires sincères, parce qu’on était simplement nous-mêmes. Il y avait beaucoup de respect, d’empathie et d’amour entre nous. On était tous·tes égaux·ales, sans rapport de pouvoir, même avec les animateur·ices. »
Au-delà de la légèreté, certains moments étaient aussi plus intenses. « S’il y a eu des moments plus difficiles, ce seraient les temps de témoignages. Mais même ça, ce n’était pas difficile au fond, parce que ça nous permettait d’apprendre encore plus sur les autres et sur nous-mêmes. »
Avec le temps, le projet a continué de grandir. Depuis 2016, de plus en plus de jeunes participent à ce projet, et ils·elles vont même jusqu’à construire une maison sur place.
Mais l’essentiel reste ce que Ninon en a gardé intérieurement. Elle n’a pas quitté le Bénin sans rien : « C’est difficile à expliquer, mais ce que j’ai ressenti là-bas, je continue de l’intégrer dans ma vie ici. » Malgré les années qui passent, Ninon a gardé contact avec les jeunes et les animateur·ices. Elle explique que ce lien ne s’est jamais vraiment arrêté.
De retour en Belgique, Ninon est devenue bénévole à La Chaloupe. Les yeux humides, elle nous dit qu’en revenant ici et en y repensant, son cœur s’emballe de nouveau. « Cette expérience m’a vraiment redonné goût à la vie. Elle m’a donné envie de simplicité, de curiosité et d’ouverture. »
Aujourd’hui, son message est clair : « Je recommande ce projet à 100 %, à tout âge, et particulièrement aux personnes qui traversent des difficultés. C’est une expérience d’une richesse incroyable. Ça m’a tellement aidée que je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas aider quelqu’un d’autre. »
Vendredi 24 avril: Amir, 7 ans
Amir est un jeune garçon de 7 ans qui participe avec enthousiasme à l’école des devoirs le mardi et le jeudi.
Aujourd’hui, les animateur·ices ont prévu un atelier de peinture. Une fois que chacun·e a terminé ses devoirs — et après quelques passes de ballon — l’atelier peut commencer.
« Il y a plein de couleurs et plein d’eau. » Sous le soleil, les élèves peignent à l’aquarelle les fleurs dessinées lors de l’atelier précédent.
Amir est concentré et admire les couleurs ainsi que les effets de l’aquarelle. Après avoir demandé s’il pouvait mélanger les couleurs, il fait quelques traits hasardeux en bleu et en mauve : « Waw, ça fait une belle couleur ! »
Pinceau à la main, il n’entend pratiquement pas son ami qui l’appelle pour l’inviter à jouer.
Surpris par la rapidité de séchage de la peinture, Amir s’empare de son œuvre pour la montrer à qui veut la voir : « Regardez, madame, c’est beau ! » Une fois son dessin déposé au soleil, Amir court rejoindre son ami, les mains remplies de taches de peinture.
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