Les témoignages de celles et ceux qui font La Chaloupe AMO (série)

Tous les vendredis, découvrez notre nouvelle série de témoignages de celles et ceux qui font vivre notre ASBL d'aide à la jeunesse. Jeunes, moins jeunes, bénévoles, sympathisant·e·s: ceci est votre espace de parole.
23 avril 2026 par
Les témoignages de celles et ceux qui font La Chaloupe AMO (série)
LA CHALOUPE, Leyla Ersoy

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Vendredi 5 juin: les Aventuriers du printemps

Vendredi, 15 h. Onze enfants sont réuni·es autour d’une table pour discuter de la semaine de stage qu’iels viennent de passer. De nombreux doigts se lèvent pour prendre la parole, et Adèle s’exprime en première pour partager son moment préféré.

« Ce que j’ai aimé, c’est faire des crêpes et les expériences. »

Deux jours plus tôt, les animatrices avaient préparé un après-midi d’expériences scientifiques. Les enfants, émerveillé·es, ont pu réaliser cinq expériences, du volcan au ballon qui se gonfle tout seul. Les enfants sont d’accord avec Adèle : iels ont particulièrement apprécié ces moments.

Puis vient le tour d’Inès : « J’ai beaucoup aimé la chasse au trésor. » Après chaque rappel d’activité, les autres enfants s’empressent d’ajouter, en chœur : « Ah oui, moi aussi ! »

Mila, quant à elle, s’est liée d’amitié avec un lapin qu’elle a rencontré le jeudi matin lors de la visite à la ferme. Les enfants ont passé la matinée entouré·es d’animaux. Un lapin dans les mains de Sarah et une poule sur l’épaule de Noé, les petit·es aventurier·ères du printemps étaient dans leur élément.

Le reste de la semaine a également été rythmé par de nombreuses activités créatives. Les enfants ont aussi eu l’occasion de regarder un film sur les insectes, un moment qui a particulièrement marqué plusieurs d’entre elleux.

Entre deux aventures, iels ont pris le temps de jouer à l’extérieur, dans une ambiance joyeuse et pleine d’énergie.

Après cet échange, les enfants retrouvent leurs parents pour leur montrer les nombreux bricolages réalisés au cours de la semaine. Une belle façon de terminer ce stage riche en découvertes, en rires et en souvenirs.

Vendredi 22 mai: Maëlle, 17 ans, volontaire à l'école de devoirs

À l’école des devoirs, les enfants sont accompagnés par des animatrices et des volontaires. Maëlle fait partie de ces volontaires depuis septembre. Étudiante au Collège Saint-Étienne en semaine et cheffe baladin le week-end, son attachement aux enfants est constant et ne la quitte que rarement.

Du haut de ses 17 ans, Maëlle consacre son temps à aider les enfants à faire leurs devoirs. « C’est vraiment un travail qui me plaît », explique-t-elle. « Les enfants font leurs devoirs, puis on joue avec eux. En général, ils veulent jouer au football. » Ancienne footballeuse pendant cinq ans, elle veille à ce que chacun·e, des plus jeunes aux plus grand·es, puisse participer et prendre du plaisir. « Tout se passe bien, chacun trouve sa place et un équilibre s’installe naturellement. »

Une fois les derniers devoirs terminés, les animatrices présentent l’activité du jour. Aujourd’hui, c’est un spectacle de marionnettes. Si certains enfants n’étaient pas au départ convaincu·es, toute l’équipe s’est finalement mise à écrire une histoire qu’ils ont ensuite interprétée. Maëlle, derrière le rideau, faisait défiler les dessins des enfants représentant le décor de leur histoire. Après les applaudissements, elle nous confie : « Tout le monde y a trouvé son compte, on s’est bien amusé·es et on a vraiment ri. »

Envie d'en savoir plus sur l'école des devoirs? Rendez-vous sur le site du Cour Pouce: www.courpouce.be

Vendredi 15 mai: Latifa, 11 ans

Avant les vacances de printemps, Latifa a participé à l’après-midi chasse aux œufs organisée par La Chaloupe. Cette jeune fille de 11 ans n’est pas venue uniquement pour le chocolat. En arrivant, elle retrouve ses copines de classe ainsi que les élèves qu’elle côtoie à l’école des devoirs, où elle se rend plusieurs fois par semaine.

En attendant les cloches, les animateur·ices ont regroupé la cinquantaine d’élèves sous le soleil.

« On a commencé par faire un cercle pour apprendre les prénoms de tout le monde. »

Quelques minutes plus tard, la chasse pouvait commencer. « Nous étions attachées par le pied, mais au final, nous nous sommes attachées par la main », dit-elle, le sourire au coin des lèvres.

Après que tous les œufs ont été récoltés, les activités ont pu débuter.

« Il y avait plein d’activités : on pouvait fabriquer notre panier à œufs, faire des mandalas et se faire maquiller. »

Latifa a passé l’après-midi avec ses copines et a particulièrement aimé les crêpes - comme beaucoup, dit-elle. « On a mangé du chocolat, des chips, des fruits et des crêpes. Elles étaient trop bonnes ! »

Après s’être resservie plusieurs fois au stand de brochettes de fruits et à celui des crêpes, Latifa est repartie, comme les autres enfants, avec un panier rempli d’œufs en chocolat.

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Vendredi 8 mai: Aurélien, 21 ans

Aurélien participe à une année citoyenne Solidarcité à La Chaloupe depuis septembre. Ce jeune homme de 21 ans vient d’assister à son troisième atelier sur l’estime de soi.

Ces ateliers permettent aux jeunes de se connaître, d’apprendre à poser leurs limites et à accepter leurs forces et leurs faiblesses. Aurélien nous parle de l’estime de soi et nous dit : « Ce sont des phrases qu’on a tous·tes entendues, mais qui n’ont pas de sens sans contexte. On sait qu’on doit poser nos limites, oui, mais ici, on nous explique ce que sont les limites et comment faire pour les exprimer et les respecter. »

En général, l’animatrice commence par une présentation du sujet, pour ensuite passer à la pratique. Aurélien précise que le but n’est pas d’avoir un cours théorique, mais plutôt d’en apprendre davantage sur soi et sur les autres.

Cette fois-ci, une des activités mises en place était le jeu de rôle. Les jeunes travaillaient sur la thématique : « À quoi ressembleras-tu en 2050 si tu as réussi tout ce que tu voulais faire ? » Aurélien n’était pas stressé : « On sait que tout le monde va s’ouvrir, donc ça nous met à l’aise. On rappelle toujours la charte pour que ce soit bienveillant et confidentiel. »

En quittant l’atelier, Aurélien a le sourire aux lèvres. Il dit être de bonne humeur : son moral et sa confiance en lui ont été reboostés. « L’ambiance était très chouette, il y avait une bonne dynamique et aucun jugement. »

Tu as entre 16 et 25 ans? Tu te sens en perte de sens à l'école et/ou à la maison? Contacte l'équipe de Solidarcité Ottignies pour en savoir plus: solidarcite@lachaloupe.be ou 0471 60 84 45.

Vendredi 1er mai: Ninon, 24 ans

Sourire aux lèvres, Ninon revient dans les locaux de La Chaloupe pour revivre son voyage AfricapSud, 10 ans plus tard. Depuis toujours, Ninon a cette envie profonde d’aider les autres. Elle aime le contact humain, être en lien avec les gens, écouter leurs histoires, leurs parcours, leurs vies.

Il y a une dizaine d’années, alors qu’elle suivait une thérapie brève à La Chaloupe, son encadrant·e lui a parlé d’AfricapSud, une immersion et un échange avec des jeunes au Bénin : « Et là, j’ai eu comme une évidence : ça, c’est pour moi. »

C’est ainsi que tout a commencé. Avant même le départ, les préparations ont été une aventure incroyable, nous dit-elle. « On était plusieurs jeunes, tous·tes différent·e·s, parfois en difficulté, chacun·e avec son vécu. Mais justement, ça créait une ambiance très rassurante, presque comme une famille. On pouvait être soi-même, sans jugement. »

Une fois sur place, l’expérience a pris une toute autre dimension. Son voyage a été extrêmement riche : une vraie découverte, à la fois humaine et interculturelle. « Certain·e·s faisaient du tag, d’autres dansaient… chacun·e apportait quelque chose. Même si je suis quelqu’un de sociable, c’était mon premier voyage sans mes parents, et ça a été une étape importante pour moi. »

Ce qui marque le plus Ninon, ce sont les émotions partagées : « Ce dont je me souviens le plus, ce sont les moments de rire. On a énormément ri, des fous rires sincères, parce qu’on était simplement nous-mêmes. Il y avait beaucoup de respect, d’empathie et d’amour entre nous. On était tous·tes égaux·ales, sans rapport de pouvoir, même avec les animateur·ices. »

Au-delà de la légèreté, certains moments étaient aussi plus intenses. « S’il y a eu des moments plus difficiles, ce seraient les temps de témoignages. Mais même ça, ce n’était pas difficile au fond, parce que ça nous permettait d’apprendre encore plus sur les autres et sur nous-mêmes. »

Avec le temps, le projet a continué de grandir. Depuis 2016, de plus en plus de jeunes participent à ce projet, et ils·elles vont même jusqu’à construire une maison sur place.

Mais l’essentiel reste ce que Ninon en a gardé intérieurement. Elle n’a pas quitté le Bénin sans rien : « C’est difficile à expliquer, mais ce que j’ai ressenti là-bas, je continue de l’intégrer dans ma vie ici. » Malgré les années qui passent, Ninon a gardé contact avec les jeunes et les animateur·ices. Elle explique que ce lien ne s’est jamais vraiment arrêté.

De retour en Belgique, Ninon est devenue bénévole à La Chaloupe. Les yeux humides, elle nous dit qu’en revenant ici et en y repensant, son cœur s’emballe de nouveau. « Cette expérience m’a vraiment redonné goût à la vie. Elle m’a donné envie de simplicité, de curiosité et d’ouverture. »

Aujourd’hui, son message est clair : « Je recommande ce projet à 100 %, à tout âge, et particulièrement aux personnes qui traversent des difficultés. C’est une expérience d’une richesse incroyable. Ça m’a tellement aidée que je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas aider quelqu’un d’autre. »

Un projet de mobilité internationale en tête? Ou de vivre une expérience interculturelle au Bénin? Rendez-vous sur www.africapsud.be

Vendredi 24 avril: Amir, 7 ans

Amir est un jeune garçon de 7 ans qui participe avec enthousiasme à l’école des devoirs le mardi et le jeudi.

Aujourd’hui, les animateur·ices ont prévu un atelier de peinture. Une fois que chacun·e a terminé ses devoirs — et après quelques passes de ballon — l’atelier peut commencer.

« Il y a plein de couleurs et plein d’eau. » Sous le soleil, les élèves peignent à l’aquarelle les fleurs dessinées lors de l’atelier précédent.

Amir est concentré et admire les couleurs ainsi que les effets de l’aquarelle. Après avoir demandé s’il pouvait mélanger les couleurs, il fait quelques traits hasardeux en bleu et en mauve : « Waw, ça fait une belle couleur ! »

Pinceau à la main, il n’entend pratiquement pas son ami qui l’appelle pour l’inviter à jouer.

Surpris par la rapidité de séchage de la peinture, Amir s’empare de son œuvre pour la montrer à qui veut la voir : « Regardez, madame, c’est beau ! » Une fois son dessin déposé au soleil, Amir court rejoindre son ami, les mains remplies de taches de peinture.

Envie d'en savoir plus sur l'école des devoirs? Rendez-vous sur le site du Cour Pouce: www.courpouce.be

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